La boîte à outils

La boîte à outils

La boîte à outils

Oui, on juge. Tout le monde le fait.

On juge les gens qui disent des choses qui ne font pas de sens à nos yeux, qui font des choses qu’on n’oserait jamais faire, qui aiment des choses qu’on déteste, achètent des choses qu’on trouve inutiles… On ne comprend pas comment ils peuvent faire ceci ou dire cela. On se dit qu’ils ont tort, qu’ils sont mal éduqués et surtout, qu’ils ne valent pas la peine qu’on leur accorde de l’attention, encore moins de l’intérêt.

Souvent, on réagit ainsi car ce n’est pas ce que NOUS ferions, dirions, aimons ou achèterions. Leur façon d’agir ne correspond pas à NOTRE façon de voir la vie, les relations, la communication, les désirs et les besoins, les responsabilités…

*** Je parlerai du réflexe « J’ai raison / tu as tort » dans un autre article, car il est important de se rappeler qu’il n’y a pas de « vraie » Vérité; seulement notre propre vérité, qui elle-même est différente de celle des autres.

À d’autres moment, on juge car on ne comprend pas comment telle personne peut agir ou parler de cette façon. La bonne façon de se comporter étant tellement évidente! Comment peut-il/elle ne pas savoir? On condamne alors ses actions et on la rejette.

J’aimerais vous partager cette petite histoire

Prenez deux enfants, l’un en première année et l’autre en sixième. Placez les tous les deux devant la même situation conflictuelle, l’un après l’autre. Il y a de fortes chances que l’enfant de sixième année soit plus à même d’exprimer ses émotions et d’essayer de comprendre la réalité de l’autre, alors que l’enfant de première année risque de réagir beaucoup plus violemment, peut-être même en venir aux coups.

L’observateur extérieur risque fort bien de condamner les gestes de l’enfant de première année, et féliciter l’enfant de sixième pour son approche et sa tempérance.

Ce qui est tout à fait normal.

Cela signifie-t-il que l’enfant de première année soit méchant? Qu’il mérite une punition?

À mon sens, il n’est ni méchant ni mal éduqué…
Il est simplement en première année!

L’enfant de sixième peut compter sur 5 années supplémentaires d’expériences de vie, d’apprentissages et de développement personnel. Qui sait s’il n’aurait pas réagit exactement de la même façon quand il était en première année… ou même pire!

Pouvons-nous juger et condamner l’enfant de première année pour sa réaction? Et si c’était la toute première fois qu’il faisait face à un conflit de ce genre? Qu’il avait réellement et consciemment essayé de faire tout son possible, sans savoir comment faire mieux? Pouvons-nous lui donner une chance? L’aider à mieux faire la prochaine fois? Lui montrer la voie?

L’enfant de sixième n’est pas plus intelligent ou meilleur que celui de première.
Il a simplement une « boîte à outils » plus développée!

Nous avons tous une boîte à outils dont la qualité diffère de celle des autres. Elle fut construite sur la base de l’éducation transmise par nos parents, notre famille, grâce aux  bonnes (et moins bonnes) amitiés développées, aux expériences vécues, personnes rencontrées…et une multitude d’autres facteurs.

La société est composée de personnes avec différentes qualités de boîtes à outils.
Et non pas différents niveaux de valeur en tant qu’individus.

Certains d’entre nous furent bien heureux de pouvoir garnir leur boîte à outils avec des outils de qualité, tels qu’une perceuse DeWALT ou un couteau Victorinox. Malheureusement, nombre d’entre-nous n’ont reçu que des outils en plastique venant du magasin à 1$.

Sont-elles des personnes de moindre valeur pour autant?
Peut-être ont-elles seulement besoin d’un peu plus de temps et d’aide pour améliorer leurs outils!

Du moment que vous vous ouvrez à la possibilité que la personne en face de vous travaille avec une boîte à outils moins bien garnie que la vôtre, vous ouvrez la porte à davantage de compréhension, de compassion et d’ouverture à son égard. Vous commencez à vous questionner à savoir comment vous pourriez l’aider et quels outils vous pourriez contribuer à améliorer.

Vous tombez alors en mode de communication « ouvert et actif », au lieu d’être en mode « fermé et en opposition ». Vous êtes davantage enclin et intéressé à mieux comprendre la réalité de l’autre personne, ses défis, ses blessures, ses faiblesses, mais également ses forces, ses qualités, son expérience… faisant place à une communication beaucoup plus respectueuse et constructive.

Et devinez quoi? Si vous êtes capable d’adopter cette posture, il y a de fortes chances que votre interlocuteur l’adopte lui aussi. Si ce n’est pas le cas, c’est simplement que ceci ne fait pas encore partie de boîte à outils!

Fait important : je ne vous demande pas de changer la boîte à outils de la personne, mais bien de mieux la comprendre.

Si votre propre boîte à outils est bien garnie en capacités de communication, il se peut que vous arriviez à partager des conseils qui trouveront écoute et que la personne mettra en action. De plus, si vous êtes réellement à l’écoute, peut-être trouverez-vous vous-même, dans la boîte à outils de l’autre, des éléments que vous n’avez pas encore!

On a tous beaucoup à apprendre des autres, afin de chaque jour, devenir quelqu’un de meilleur.

Farendole

 

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